ETF et récession : faut-il arrêter d’investir quand ça va mal ?

25 mai 2026 6 min de lecture Thibault
ETF et récession : faut-il arrêter d’investir quand ça va mal ?
Photo : www.kaboompics.com / Pexels
Sommaire
  1. 01 Pourquoi notre cerveau nous pousse à fuir les récessions
  2. 02 Ce que disent les chiffres sur les récessions
  3. 03 Le DCA : ta meilleure arme en période de récession
  4. 04 Les vraies raisons d’arrêter (temporairement) d’investir
  5. 05 La stratégie à adopter en période trouble
  6. 06 Le risque de perte en capital existe, parlons-en
  7. 07 Conclusion : la récession, ton alliée malgré elle

Tu le vois partout : « récession en vue », « krach imminent », « les marchés vont s’effondrer ». Et toi, tu te demandes si c’est vraiment le bon moment pour continuer à investir tes 200 ou 300 € par mois en ETF. Spoiler : c’est exactement ce genre de question qui fait la différence entre ceux qui construisent leur patrimoine sur le long terme et ceux qui passent leur vie à attendre le « bon moment ».

Alors concrètement : faut-il arrêter d’investir quand l’économie va mal ? La réponse va probablement te surprendre.

Pourquoi notre cerveau nous pousse à fuir les récessions

C’est normal d’avoir peur. Ton cerveau est programmé pour ça. Quand tu vois ton portefeuille perdre 10, 15 ou 20 % en quelques semaines, ton instinct de survie s’active : « Arrête tout, sauve ce qui reste ! »

Le problème ? En investissement long terme, cet instinct te joue un très mauvais tour. Arrêter d’investir pendant une récession, c’est comme arrêter de faire tes courses parce que les prix ont baissé. Ça n’a aucun sens économiquement, mais émotionnellement, on a tous ce réflexe.

Les psychologues appellent ça l’aversion aux pertes : la douleur de perdre 100 € est environ deux fois plus forte que le plaisir d’en gagner 100. Résultat ? On prend des décisions irrationnelles pour éviter cette douleur à court terme, au détriment de nos gains à long terme.

Ce que disent les chiffres sur les récessions

Regardons les faits. Depuis 1950, les États-Unis ont connu 11 récessions. Et à chaque fois, les marchés ont fini par rebondir et atteindre de nouveaux records. Pas dans 6 mois, parfois pas dans 2 ans, mais toujours à terme.

Prends la crise de 2008, la plus brutale depuis la Grande Dépression :

  • Le S&P 500 a perdu 57 % entre octobre 2007 et mars 2009
  • En mars 2013 (5 ans après le pic), l’indice avait récupéré ses pertes
  • En 2021, il avait quadruplé par rapport au point bas de 2009

Mais voilà le détail qui change tout : ceux qui ont continué à investir pendant la crise ont acheté des parts d’ETF à prix cassé. Résultat ? Leurs rendements ont été bien meilleurs que ceux qui ont attendu « que ça se calme » pour reprendre.

Un exemple chiffré concret

Imaginons deux investisseurs, Sophie et Marc, qui investissent chacun 300 € par mois en ETF World :

Sophie investit régulièrement, récession ou pas. Entre janvier 2007 et décembre 2012 (période incluant la crise), elle investit 21 600 € au total. En décembre 2012, son portefeuille vaut environ 24 000 € (+11 % malgré la crise).

Marc panique en octobre 2008 et arrête d’investir. Il reprend en janvier 2010 quand « ça va mieux ». Sur la même période, il n’investit que 15 600 €. En décembre 2012, son portefeuille vaut environ 19 500 € (+25 % sur ce qu’il a investi, mais moins au total).

Sophie a un portefeuille 23 % plus gros que Marc, simplement parce qu’elle a continué à investir pendant les 15 mois où Marc était sur la touche. Elle a acheté à prix cassé ce que Marc a racheté plus cher ensuite.

Le DCA : ta meilleure arme en période de récession

C’est là que le Dollar Cost Averaging (DCA) prend tout son sens. Investir un montant fixe chaque mois, peu importe le contexte économique, c’est justement ce qui te permet de profiter des baisses.

Le principe est simple :

  • Quand les marchés sont hauts, tes 300 € achètent moins de parts d’ETF
  • Quand les marchés sont bas (récession), tes 300 € achètent plus de parts
  • Sur le long terme, tu lisses ton prix d’achat moyen

Pendant une récession, tu accumules des parts à prix réduit. C’est comme faire tes stocks pendant les soldes. Quand les marchés repartent (et ils repartent toujours, historiquement), ces parts achetées en promo prennent de la valeur.

Les vraies raisons d’arrêter (temporairement) d’investir

Attention, je ne dis pas qu’il ne faut JAMAIS arrêter d’investir. Il y a des raisons légitimes de mettre pause :

  • Tu n’as plus d’épargne de précaution : avant d’investir, assure-toi d’avoir 3 à 6 mois de dépenses de côté sur un livret A ou LDDS
  • Tu risques de perdre ton emploi : si ta situation professionnelle est vraiment fragile, privilégie la sécurité à court terme
  • Tu as un projet à court terme (moins de 5 ans) : l’argent dont tu auras besoin bientôt n’a rien à faire en Bourse, récession ou pas
  • Tu n’arrives plus à dormir : si l’angoisse est trop forte, mieux vaut réduire temporairement tes investissements que de tout vendre en panique

Mais remarque bien : aucune de ces raisons n’est « parce qu’on annonce une récession ». Ce sont toutes des raisons liées à TA situation personnelle, pas à l’état des marchés.

La stratégie à adopter en période trouble

Concrètement, voilà ce que tu peux faire si tu angoisses pendant une récession :

1. Revois ton allocation
Si voir ton portefeuille rouge te fait trop mal, c’est peut-être que tu prends trop de risque. Rien ne t’oblige d’être 100 % actions. Un mix 70 % ETF actions / 30 % ETF obligataires peut t’aider à mieux dormir, même si le rendement potentiel sera un peu plus faible.

2. Ne regarde pas ton portefeuille tous les jours
C’est contre-productif. Une fois par trimestre suffit largement quand tu investis sur 15-20 ans. Plus tu regardes, plus tu risques de paniquer sur du court terme.

3. Continue à investir, même un petit montant
Si tu ne peux plus mettre 300 € par mois, mets 100 €. L’important est de garder l’habitude et de continuer à accumuler des parts à prix réduit.

4. Rappelle-toi pourquoi tu investis
Tu ne construis pas ton patrimoine pour dans 6 mois, mais pour dans 15, 20 ou 30 ans. À cette échelle, les récessions sont des petites bosses sur un long chemin en montée.

Le risque de perte en capital existe, parlons-en

Soyons clairs : oui, investir en ETF actions comporte un risque de perte en capital. Ton portefeuille peut perdre 20, 30 ou 50 % de sa valeur pendant une crise sévère. C’est une réalité que tu dois accepter avant d’investir.

Mais voilà la nuance cruciale : c’est une perte sur le papier. Tant que tu ne vends pas, tu ne perds rien. Tes parts sont toujours là, et elles finiront par remonter si tu leur laisses le temps. Les seuls qui ont vraiment perdu en 2008 sont ceux qui ont vendu au pire moment, en panique.

C’est pour ça qu’on martèle sans cesse : n’investis que de l’argent dont tu n’auras pas besoin avant 8-10 ans minimum. Cette distance temporelle te protège de l’obligation de vendre au mauvais moment.

Conclusion : la récession, ton alliée malgré elle

Contre-intuitif, mais réel : les récessions sont un cadeau pour l’investisseur long terme qui a du cash à investir chaque mois. C’est pendant ces périodes que tu construis les fondations de ta performance future.

Alors non, tu ne dois pas arrêter d’investir parce que l’économie va mal. Au contraire, c’est exactement le moment de rester discipliné et de tenir ton cap. Les soldes, c’est fait pour acheter, pas pour fuir le magasin.

Si tu débutes et que tu veux construire une stratégie solide pour traverser toutes les météos économiques, commence par notre quiz gratuit pour faire le point sur ton profil d’investisseur. Et si tu veux passer à l’action avec les premiers euros, on t’explique tout dans notre guide mes premiers 100 euros en ETF.

La prochaine récession viendra, c’est certain. La vraie question n’est pas « quand », mais « seras-tu prêt à en profiter ? »

L'écosystème AtlasETF

Mets cet article en pratique.

Lire, c'est bien. Avancer, c'est mieux. Voici les outils gratuits pour passer de la théorie à ton portefeuille.

On continue ?

Tu as aimé cet article ?

Passe de la théorie à l'action : découvre ton profil d'investisseur, ou récupère le guide pas-à-pas pour tes premiers 100€.

Pour aller plus loin

À lire ensuite.